Espéra: C’est parce que c’est pour ça

Espéra, « Bakari »

Je ne veux pas te faire une adresse publique. Non ! Parce qu’une adresse publique, c’est du déjà vu et tu mérites mieux que le déjà vu. Tu mérites que toute action qui appelle ton nom soit taillée de la pierre de l’innovation. D’ailleurs, ta marche soutenue, en faveur de la créativité en fait une exigence mais tu sais aussi que la hauteur de l’esprit qui nous gouverne — toi et moi et tous les jeunes qui comme nous, ne meurent pas les bras en croix— tient à nous écarter de toute exigence dirigée vers toute autre personne que nous même. C’est pour cela que je ne m’écarte pas de l’exigence que me fait ma conscience de t’écrire ses quelques mots, comme si je me les écrivais à moi-même, estimant que s’ils se retrouvent dans l’espace public — ces mots— cela est simplement du fait d’une erreur sciemment commise par moi-même, car comme je te l’ai dit, ce n’est pas une adresse publique à toi. Tu mérites mieux.

Cela étant, ceci étant ce que je dis publiquement qu’il n’est pas, je voudrais l’utiliser pour reconnaître un échec dont je me suis rendu coupable. A vrai dire, cher ami, j’ai échoué dans la quête de cette innovation qui aurait pu te donner l’impression d’une singularité jamais obtenue dans l’entreprise du souhait d’un vœu cher à une personne chère. J’ai fouillé à folles neurones, et je n’ai pas trouvé. Comme on le dit, le créateur perd la muse dès qu’il parle de choses qui lui sont profondément et personnellement chères. Les autres eux disent,  » Que ce cordonnier est mal chaussé ! » Et je suis mal chaussé. Rassure-toi, c’est moi le cordonnier, et ma chaussure ne vaut pas un clou. C’est pourquoi je ne te l’offre pas. Ma chaussure, c’est ce message que tu lie, et qui ne t’est adressé qu’à défaut de mieux. Ne regarde pas sa forme, ni sa couleur, ni le trou qui en son beau milieu, rend visible le sol. Regarde seulement l’empreinte qu’elle —la chaussure — laisse dans le sol.

Cette chaussure, son empreinte, te disent Espera Donouvossi, qu’à chaque fois que tu fais un pas, cette toute notre jeunesse jamais assise que tu honores. Oui, à chaque fois que tu refuses de t’assoir dans les escaliers, à chaque fois que tu te tiens debout devant un objectif d’une grandeur himalayenne, à chaque fois que tu as peur mais que tu tiens tête à la déchéance, à chaque fois que tu t’es déjà dix fois avant même d’être tombé une fois ; toutes ces fois là, c’est notre jeunesse que tu inspires et ravives. Raviver? Je cherche un autre mot qui m’aura l’air insidieux presque, mais bon…Pas grave. Restons dans cette tonalité, l’amour vrai nous y aide. Espéra, briller est une chose grave par ici. Beaucoup de choses concourent à fortifier cette « éteignoir » —prend ce mot au sens interdit mais reste assez fou pour refuser de redire— et parmi ces choses, les hommes (l’humain), que la force démocratique du bien semble incapable d’humaniser. C’est pour ça qu’il faut que tu refuses d’être un rayon de lumière, ou faisceau, ou une étincelle. Si tel est ton rêve, mon cher, lâche-le en ce jour ou tu allumes une nouvelle bougie. Refuse d’être tout ce qui précède ; soit plutôt UN SOLEIL. Oui ! Espera Donouvossi , soit UN SOLEIL. Pas pour toi ; pas pour ta famille ; pas pour tes amis, mais pour tout une génération. Et tu ne seras pas seul ! Tu ne seras pas seul !

Espéra, c’est parce que c’est pour ça. Ce n’est que pour ça.

Maintenant, entre dans ta cuisine, prend une belle gorgée d’eau plate et dis « A tous les jeunes de ce pays, que la route soit ».

Sèdjro Giovanni Houansou

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