Coup de gaz 4

…dans l’épisode précédent de l’histoire de ma moto, je venais d’engager un gardien. Un gardien extraordinaire. Comment était-il extraordinaire, vous le verrez bientôt. Je me rappelle qu’un jour, plus précisément un soir, je passais sous les roues d’une (12 roues). Une douze roues, c’est ce que nous appelons communément « Berliet ». Ce soir- là, alors que j’étais encore dans le tourmente du film de toute ma vie vieille d’environs 24 ans — ce film m’est passé dans la tête, entièrement, en l’espace record de 2 secondes maxi — il m’a semblé que mes oreilles ont choppé au passage un juron du jeune conducteur , vautré en hauteur. Il disait « Oh je vais te tuer seulement ». J’ai repris mes esprits quelques minutes plus tard; j’étais avec ma petite amie; nous rentrions chez nous; nous venions de boucler trois bonnes heures d’une trépidante réunion de coordination — c’était l’habitude à l’Ensemble Artistique et Culturel des Etudiants—. Il devait sonner environ 00H; la voie bitumée inter-état 2 était en chantier; nous allions de l’Université en direction de Calavi-Kpota; il y avait beaucoup de poussière dans mes yeux, pourtant je voyais très bien la route; un camion de 18 roues me précédait et me remplissait d’avantage les narines de cette poussière de goudron; j’en avais marre, je voulais le doubler; un groupe de jeunes m’a doublé ; j’ai suivi le groupe dans cette course sans danger ; ma petite amie ne voyait pas la voie, heureusement alors. 
Tout est arrivé alors que mon gaz, coincé dans la paume de ma main, mon moteur poussé à bout de souffle j’arrivais à hauteur de la tête du camion. C’est là que j’ai vu l’homme me faire de grands signes de main dans la nuit noire de cette route si noire : les secondes d’après pouvaient être noires si la fille d’autrui assise derrière moi n’était restée impassible ; si je n’avais su dans un réflexe dextre , dompter respectivement mes deux freins , mon guidon et mon levier vitesse; si l’homme du camion que j’essayais de dépasser n’avait accélérer pour décupler la portée de mon freinage. C’est là que j’ai vu le messager raté de ma perte. Il est passé à une seconde de ma mort et moi je suis resté du côté de la vie. 
Je n’ai pas une forte culture des dates, je ne me rappelle pas de la date de ce fait mais je sais que ce jour là je me suis rappelé de ma date de naissance. J’ai pensé à ma mère et j’ai vu, moi, étalé sur le goudron noir et elle se vidant à coup de larmes et lâchant son âme qui la veut. J’ai aussi vu plein d’autres choses que seul moi, ai continué à voir plus tard… Seul, moi avec mon gardien. Il se fait tard, il faut que je vous lâche à vos affaires de nuit. Ne doublez personne dans la nuit, même pas votre femme.

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