Le soir où , au sortir de l’exercice hautement stressant que furent les législatives 2015, Joseph Djogbénou se retrouvait député élu dans la 16ème circonscription électorale, l’homme, debout au siège de son parti politique (Alternative citoyenne), au milieu de ses militants prit la parole, il prononça ces quelques mots :   « Je suis un homme vrai. Mes amis sont des hommes vrais…ce mandat que vous me confiez, sera un mandat de vérité ». Jusque, là ces mots n’avaient aucune force, aucune signification autres que celles que leur conférait la sémantique. Mais aujourd’hui, faisant le feed-back, je perçois bien une traduction active de l’autre sens que Joseph Djogbénou voulait leur donner quand ils sortaient de sa bouche. Ce n’était certainement pas l’œuvre de l’émotion de l’instant ; ce n’était pas la langue du politique, toujours prête à plaire. Je me convaincs davantage de la sincérité de ces mots à travers l’acte qui apprécie la nomination d’un de ces assistants en qualité de chargé de mission de M Lionnel Zinsou, candidat à la présidence de la république du Bénin, et concurrent sérieux de M Patrice Talon, et donc de Joseph Djogbénou. A mon avis, le regard de Joseph Djogbénou est sans équivoque, et se tenant à son angle, on peut bien voir que Guillaume Reisacher, puisque c’est bien de lui qu’il s’agit , n’est pas à ses yeux , l’ami passé aux côtés de l’ennemi ; l’homme sur qui il déchainera fougue et furie, contre qui il fomentera qu’importe le coût, quelque coup de bas échelle ; et qui par ses soins fera l’objet d’acharnement , de condamnation dans l’opinion, d’ostracisassions sévères comme on nous l’a appris depuis et pendant ces dix dernières années. C’est clair donc que Joseph Djogbénou ne partage pas la logique de « si tu n’es pas avec moi, c’est que tu es contre moi »

M Joseph Djogbénou, selon vos dires, Guillaume Reisacher que je ne connais pas personnellement mérite cette confiance qui lui est accordée. Vous l’avez connu, et il a travaillé avec vous pour un bon moment, et même si aujourd’hui il va au service du camp politique adverse, vous ne lui déniez pas son talent, ses compétences et sa volonté de faire avancer les choses. Votre témoignage en sa faveur est un acte de vérité, je l’interprète ainsi. C’est aussi un acte courageux, que très peu d’hommes politiques de ce pays se permettent de poser. Cela étant je vous en félicite prie que jamais vous ne cessiez d’être un homme de vérité car la politique vous le savez, attire les pires et corromps les meilleurs.

Merci, pour cet acte exemple de ce qu’en toutes circonstances, et au delà des positionnements politiques et partisans, le talent est la chose que nous devons célébrer pour le meilleur de la cité. En clair, le politique a le devoir de se faire porte flambeau de cette clairvoyance. Il en a le devoir, et la charge de cet exercice difficile dans cet environnement qui est le nôtre, par l’exemple.

Et voici l’avis de Joseph Djogbénou sur la nomination  de M Guillaume Reisacher

Justice à GUILLAUME

Je reçus, courant janvier 2014, un courriel d’un jeune étudiant HEC Paris, qui a choisi, à l’occasion de la fin de sa formation, d’effectuer son stage en Afrique, en particulier au Bénin et dans mon Cabinet. Nous avons l’habitude de recevoir des stagiaires de l’étranger et, spécifiquement, de la France. 

Dès son arrivée, Guillaume REISACHER s’est très rapidement intégré et, en dépit des difficultés manifestes, a effectué son stage et rédigé, sous ma supervision, un mémoire excellent sur l’entreprenant.

Mais le Bénin, qu’il a choisi, ne le lasse pas. Il décida d’y poursuivre ses recherches en thèse, et avec mon collègue de Paris 1, François-Xavier LUCAS, d’effectuer ses travaux sur les contrats d’investissements en Afrique. Il vient d’obtenir son inscription en deuxième année de thèse à l’Université d’Abomey Calavi. Si ses travaux aboutissaient, ce qui, à mon sens ne fait l’objet d’aucun doute, il sera le premier français à obtenir son diplôme de Docteur en droit à l’UAC, conjointement avec Paris 1. 

Il est inscrit effectivement au CREDIJ, assure avec passion le secrétariat permanent. Nous avons effectué, il y a quelques mois, une mission de formation en droit OHADA en RDC qu’il a parfaitement organisée, comme il m’a accompagné au Cameroun et prépare en ce moment pour le compte du CREDIJ, un colloque international sur les procédures collectives d’apurement du passif. 

Guillaume REISACHER est devenu aussi l’un de mes assistants à l’UAC, participe comme tout autre assistant aux travaux pédagogiques.

Si la question m’était posée qu’à la place de M. Lionel ZINSOU, je l’aurai intégré dans mes équipes, je répondrai sans hésitation par l’affirmative. Il est l’un des rares français, alors que nos propres étudiants rêvent d’effectuer leurs classes de droit à l’étranger, à choisir le Bénin.

Il est l’un des rares français et européens, alors que récemment, tous fuyaient notre pays pour Ebola ou Boko Haram, à y rester.

Il a le rêve et la faiblesse de tous les jeunes de vingt cinq ans certes, mais les siens sont l’Afrique et le Bénin.

Je me souviens de ce jour où, revenu d’Abomey avec mes collaborateurs où ils venaient d’assister à l’inauguration du siège régional de Alternative citoyenne, il vint me voir, les larmes aux yeux, me convaincre que le combat que nous menions était tellement juste qu’il me supplia d’accepter d’y prendre sa modeste part. 

J’en fus ému et le remercie encore du fond de mon être. C’était à un moment où de nombreuses personnes nous clouait au piloris d’avoir choisi une autre voie.

J’imagine que les nombreuses analyses et interprétations sur les réseaux sociaux ont dû l’ébranler et inquiéter davantage ses parents et ses amis qui nous lisent. 

Je veux, à lui et à eux, dire ma considération et ma solidarité.

Guillaume REISACHER a choisi le Bénin et, j’espère, va y rester. 

Il a choisi le Bénin non en ayant eu plus de 60 ans, mais en sortant à peine de l’adolescence.

Il a choisi le Bénin non en s’étant définitivement accompli ailleurs mais en considérant que notre pays le construira et l’accomplira.

Je n’ai pour tout pouvoir que celui de mon cœur. Et il a fait déjà de lui un Béninois à part entière, apte à jouir des droits de tous nos concitoyens et à se soumettre également à toutes leurs obligations.

Je ne suis politiquement pas d’accord avec M. Lionel ZINSOU, mais je le félicite d’avoir identifier un jeune si brave et si déterminé qui s’appelle Guillaume.

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