BONI YAYI : une gouvernance louable ou pendable ?

Boni Yayi Président de la République du Bénin 2006-2016

J’ai lu avec beaucoup d’attention de nombreux commentaires sur des réseaux sociaux qui donnent des notes de 11/20, de 12/20 ou de 15/20 à la gouvernance de président Boni Yayi à la tête du Bénin. Sans prendre position radicalement, même si ce n’est pas l’audace de le faire qui me manque, je voudrais juste partager avec vous que notre jeunesse doit être plus ambitieuse. Une façon de dire plus exigeante non seulement envers elle même et envers ses élus. Tout le monde essaye de comparer Yayi Boni aux présidents qui sont passés avant lui. Autrement dit on le compare à ceux qu’on a vu faire et on compare ses oeuvres à ce que ses prédécesseurs on fait. Et c’est justement là le piège compréhensible. Nous n’avons pas de norme. Nous nous fions donc simplement à ce que nous avons vu et vécu avant lui. Deux choses peuvent interpeller dans ce cas.

Primo, ceux qui ont précédé Yayi à la tête de ce pays sont ils la norme en matière de gouvernance. Sont-ils les « bon exemples » les baromètres justes pour évaluer la gestion du Président Boni Yayi ? Secundo, avons nous, tous, le même regard ou du moins le juste regard du travail de ceux-là ? Si un président n’est pas apprécié, ce n’est pas un fait culturel. C’est parce qu’il n’a pas réussi partout. Chose très relative donc qui peut varier selon que certains ont été dans de bonnes grâces ou que simplement d’autres soient de mauvaise humeur. En tout état de cause, il est clair que lorsque le cycliste s’arrête au feu rouge, le policier ne vient pas le féliciter pour s’être arrêté. Mais dès que le cycliste a brulé le feu rouge, il est verbalisé.

Le regard que nous portons sur la gestion Boni Yayi, à mon avis ne peut être comparable aux précédents mais plutôt aux meilleurs. Et il y a des exemples du meilleur dans le monde entier. Le Ghana tout juste à côté est typiquement exemplaire. Concédons encore qu’à défaut de vouloir voir le meilleur, car il faut avoir de la chance et de la volonté pour voir le meilleur, on veuille faire la comparaison avec ceux qui sont passés. A ce niveau reconnaissons que Boni Yayi a battu tous les records.

Tant essayé, tant échoué

Le président Boni Yayi est un homme de grande volonté. Il a toute l’ambition des grands maîtres (les grands maîtres arrivent à un moment ou tout va mal et ils conduisent la situation vers le meilleur). Mais il a autant essayé de choses qu’il a échoué dans leur réalisation. Dès son arrivée, il a été négocier le courant électrique au Nigéria pour vaincre le délestage. Cela fait neuf (09) ans de campagne anti délestage et hier encore, je n’ai pas pu faire un post sur Facebook parce qu’il n’ y avait pas d’électricité dans mon quartier à Agla. Et cela dure souvent près d’une demi journée. Mieux, aujourd’hui, on justifie même le délestage. Quel manque de fierté… !

Et quand aujourd’hui ma tête recroise le souvenir ombré de Maria Gléta, là je cloue mon bec. J’applaudis simplement l’ignorance du Béninois que je suis et la bonne connaissance de mon ignorance, qu’ils ont.

Ensuite il a investi 14 milliards de nos francs dans le coton, et il s’est plaint à visage découvert, dans les plantations de Banikoara parce que c’était un fiasco. Ce jour là j’ai compati pour le Bénin alors que d’autres compatissaient pour lui.

Il a lancé la campagne de lutte contre l’essence frelatée. Là encore je me demande si ce sont ses analystes qui ont manqué de réfléchir ou si c’est lui même qui s’est fermé à leurs réflexions. La grande campagne a démarré par la répression et s’est soldée par la désertion des soldats. Aujourd’hui encore j’achète fiévreusement mais pas frauduleusement mon essence en moins de 60 secondes au bord de la voie. Et quand j’ai appris qu’il n’était pas au courant de ICC et plus tard qu’il ne savait rien des malversations financières autour de la CENSAD, j’ai tout compris. Le service de renseignement a vendu mon pays et le Président ne le sait pas. Il faut bien qu’on vende ce service de renseignement devenu trop obèse, pour racheter ce pays.

J’effectue un saut et je viens aux plus récents manques de réussite. Combien de personnes ont été déplacées sur la table ronde de Paris et à quel coût. La route des pêches vieille d’avant Yayi à désormais neuf ans de plus, et….

Quelques interrogations me vampirisent encore.

Combien d’opérateurs économiques ont du fermer la porte de leur entreprise et s’expatrier à cause des règlements de compte ?

Toi internaute qui me lis, dis moi combien te coûte la connexion internet dans ce pays ?

Et à quelles conditions en jouis-tu ? Arrives-tu à te dire peinard, « dès que je me lève je t’envoie ce mail rapidement » ?

Parfois quand tu envoies un mail vers la Côte d’Ivoire il met le même temps de route qu’un bateau qui quitte le Bénin pour les Amériques.

Si nous avons tourné dos à la révolution pour la démocratie en 1990, nous estimions (nos parents) que nous étions suffisamment ambitieux pour rechercher le meilleur et vraiment le meilleur. Je crois que même nos parents n’ont pas été suffisamment ambitieux. Et nous jeunes, commettons le péché de l’être encore moins.

S’il vous plaît, si nos parents avaient été suffisamment gonflés d’ambitions pour ce pays depuis 1990 pensez-vous que nous aurions connu il y a encore moins de deux ans, la menace d’une année blanche ? Et pourtant, ils l’avaient vécue avant nous, je n’étais même pas encore bien né. Ils n’ont donc pas tiré leçon de cela et le président Yayi Boni non plus. Et les syndicats de ce pays non plus, ne sont pas assez ambitieux pour ce pays. Alors franchement, le tout ne suffit pas de donner une note pour dédouaner sa propre conscience et conforter l’illusion d’un développement quelque.

 Je suis tenté d’aborder, la question des Micro-crédits aux Plus Pauvres ainsi que celle de l’emploi pour les jeunes et bien entendu celle du milliard culturel. Ce sont des gadgets que la gouvernance du président actuel pourrait brandir, mais là encore j’y vois bien des coquilles à contenu pas vide, mais factice… j’en parlerais volontiers si l’opportunité se présentait à moi.

Pour finir, je sais que si les vrais jeunes de ce pays ne réagissent pas, ce n’est pas parce qu’ils n’ont rien à dire ou rien à faire. C’est juste parce qu’ils ne trouvent pas d’interlocuteurs fiables. Les débats manquent de hauteur, ils sont marécageux, ils se déroulent avec des éboueurs intellectuels, des hommes et des femmes qui ne voient pas plus loin que la base de leur propre museau. Je crois qu’aucun de ces jeunes qui se disent représentants des jeunes n’est vraiment digne de me représenter, moi. Et pourtant, je suis jeune. Mais ils ne tiennent pas le bon bout des questions. Ils se sont improvisés représentants des jeunes, parfaits inconnus, et parfaits peu connaisseurs qu’ils sont. Aucun d’eux n’est à la hauteur de mes attentes et je ne dirai pas dommages. Je dirai juste, je ne pense plus à moi bien qu’étant jeune, je pense déjà à nos arrières petits enfants que vous ne mettrez pas dans vos marécages intellectuels. Alors cessons de babiller sur un gouvernement qui laisse son tablier et tâchons de mettre en garde celui qui vient sur le fait que nous serons un danger très offensif s’il cherche aussi à nous vendre son manque d’ambition et son inefficacité.

« Si nous avons été tolérant envers vous, nos enfants le seront moins envers nous »

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